Mohbra

15-02-1956 (Alger)

Mobra s’est installé en Hollande en 1985, un peu par hasard. En fait, il avait rencontré à Londres, au fil de ses pérégrinations européennes, la femme de sa vie, Dorie, avec laquelle il vit depuis à Maasbommel, avec leur fils Cheb.

Il travaille aujourd’hui dans son atelier, La Buita, aménagé depuis 1997 dans leur maison, à 100 Km au sud-est d’Amsterdam. Une explication s’impose concernant le nom donné à son atelier. Mohamed Brahimi (Mobra) est né à Alger en 1956, et, dès son enfance, il est attiré par les choses artistiques. Avec son frère cadet Rabah, également artiste précoce, ils avaient annexé la buanderie maternelle pour exercer leur talent, et avaient baptisé cet atelier de fortune La Buita, ce qui signifie en français « le réduit » (l’endroit n’était pas démesuré).

C’est en souvenir de ces premières expérimentations artistiques menées avec son frère qu’il a conservé cette appellation pour son atelier hollandais. Malgré divers métiers pratiqués ici ou là, en France, en Grande-Bretagne, en Espagne et ailleurs, une formation de styliste, de dessinateur industriel à Londres, Mobra se considère comme un artiste autodidacte. Peut-être parce qu’il n’a pas suivi un enseignement artistique classique, à la différence de son frère Rabah qui obtint son diplôme à l’École des Beaux-Arts d’Alger.

Juste une anecdote : en 2001, le service des contributions de la ville de Den Bosch lui demande de réaliser un trophée, une sorte d’Oscar, ou de César, décerné à l’inspecteur du fisc qui cette année-là avait le mieux traqué les fraudeurs. Et Mobra lui livre une semaine après une œuvre que vous pourrez découvrir ici-même : un poulet déplumé.

Mobra a conservé la gaieté et l’espièglerie des enfants poètes. Que dire de ses œuvres ? Des matériaux qu’il utilise ? Comment le définir ? Mobra est-il un peintre, un sculpteur, un « installateur » ? Il est un peu tout ça à la fois. Il chiffonne le bois, sculpte le tissu, colle le plâtre, pétrit la peinture à l’huile, bricole la gouache, colore le plomb ; enfin, il dévoie tous les matériaux qui lui tombent sous la main. Il peint, il colle, il sculpte, il soude… et il écrit. Peut-être pour le cerner un peu mieux devrait-on dire qu’il recycle, et qu’il n’a jamais pensé qu’il était nécessaire de faire monumental pour être grand.

Il travaille dans la réduction, le détail, le subtil, peut-être en souvenir de La Buita. Mobra est un poète recycleur miniaturiste.